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16/12/2016

Critique positive du CROSSFIT.

Je voulais vous faire part de ma critique sur le crossfit ! Ceux qui me connaissent l'imagine bien, cette critique ne sera pas du "crossfit bashing"! C'est à dire un jugement négatif et non-constructif sur ce phénomène sportif qui, que cela plaise ou non, marquera définitivement l'histoire du sport.

Alors crossfit, big business ? Véritable élite du fitness ? Secte ? Meilleur moyen de se blesser ? Sportifs les plus complets ? Nous allons tenter de réfléchir à tout ça sans tomber dans les pièges de l'égo et les raccourcis faciles.

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J'ai connu le crossfit au moment de la sortie du film « 300 », où du moins juste après. Ce film a été en effet le mythe fondateur du crossfit, les acteurs ayant été entraînés avec cette méthode. Il en est d'ailleurs sorti le fameux circuit « 300 » qui est caractéristique du crossfit dans sa forme originelle.

Au départ, cette pratique m'avait franchement enthousiasmé ! Enfin nous sortions des cadres ! On pouvait se muscler en s'amusant, en variant les efforts, en s'entraînant dehors avec du matériel différents ! C'était un nouvel univers qui s'offrait à nous, un vrai changement d'air. Croyez-moi que lorsqu'on pratique la musculation en salle traditionnelle, on en a bien besoin ! Notez qu'à l'époque, la musculation en salle n'avait pas tellement la côte, nous étions encore loin du phénomène de mode et du renouveau que nous connaissons actuellement. Renouveau encouragé par des youtubeurs, par la multiplication des marques de compléments, les marques de vêtements, les réseaux sociaux, une nouvelle manière de consommer et de communiquer autours du fitness.

Puis le crossfit s'est professionnalisé, il est devenu un sport de compétition, une vision esthétique, et la propriété d'une grande marque. En fait, pour utiliser le mot le plus juste, il s'est standardisé. Je voudrais un peu insister la dessus. Beaucoup de gens, et même des pratiquants de crossfit actuels n'ont pas connu leur sport avant l'arrivée de Reebok dans l'histoire. Si vous voulez comprendre l'esprit originel du crossfit, rien de plus simple : il suffit de lire le premier numéro de la revue « crossfit journal » paru en septembre 2002. Fauché, encore archaïque, ce numéro s'articule autours d'un thème précis : « le garage gym ». C'était une des grandes lignes du crossfit, pas besoin d'aller dans une salle, on peut faire sa propre salle dans son garage avec un minimum de matériel !

C'est cet esprit qui m'a tout de suite séduit ! La débrouille, la créativité, l'aventure hors des sentiers battus !

Maintenant que le crossfit est une marque, qu'il faut payer une licence pour l'enseigner ou le proposer dans une structure, la question qui se pose est la suivante :

Si je réalise un entraînement de crossfit bien connu dans mon jardin, du type des « wods » pratiqués en compétition, est-ce que je fais du crossfit ?

Pourtant je suis dans mon jardin, je n'ai pas de chaussures Reebok, je n'ai pas payé de licence quelconques, suis-je hors la loi ?

La réponse, hélas, n'est pas évidente. Le crossfit s'est standardisé à tel point qu'on peut le trouver bien changé par rapport à sa version d'origine !

Plus qu'un sport, c'est une mentalité, une vision esthétique, une façon de vivre et de penser, et même de manger.

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Les questions qui fâchent :

Est-ce qu'on se blesse plus en Crossfit ?

Oui et non. En fait, ce n'est pas tant le crossfit qui produit des blessures, mais la mentalité « warrior » qu'on veut lui coller. Si vous voulez soulever des poids longtemps, vous avez intérêt à apprendre à vous écouter, à savoir ralentir le rythme quand cela est nécessaire. Sans faire trop de généralité, il me semble que cela est difficile dans une ambiance où il faut faire des scores, se comparer aux autres, être toujours poussé vers l'avant. « Forging elite fitness », voilà l'un des slogans du crossfit, c'est accrocheur non ? L'ennui c'est qu'en réalité, n'en déplaise aux idéalistes, tout le monde n'est pas capable de faire partie d'une élite. On me rétorquera qu'il s'agit de se comparer à soi-même uniquement. Quand bien même, repousser ses limites sans cesse à tout prix reste une mentalité discutable et selon moi très en phase avec les côtés les plus sombres de notre ère post-moderne... société de la performance, du spectacle, de la vitesse. Dans la pratique, on constate tout de même que les blessures en crossfit sont très fréquentes. Le sont-elles plus que dans d'autres sports de haut niveau ? Bien sûr que non, on se blesse énormément en football c'est évident, mais j'ai le sentiment que le crossfit prétend faire du lambda un sportif de haut niveau, c'est bien ça le problème.

 

Est-ce que le crossfit est plus efficace que la musculation classique ?

Tout dépend ce que l'on entend par efficace ! En ce qui concerne l'augmentation des performances et l'impact que cela peut avoir sur l'esthétique, le visuel, donc l'ajout de masse musculaire, je répondrai affirmativement, car le crossfit peut donner des résultats rapides et bluffants. On voit cela surtout chez les filles, qui peuvent obtenir des physiques très musclés en seulement quelques mois, ce qu'on observe rarement dans les salles de musculation classique. Ce fait, assez incontestable, est la conséquence de la sélection des exercices pratiqués en crossfit, où tout les mouvements accessoires peu efficaces ont été supprimé. Les principes du crossfit sont de toute manière efficaces, incontestablement : Exercices complets, charges importantes, progrès mesurés, entraînements intenses. Pourtant, ces facteurs pourraient très bien être appliqués à la musculation « classique ». Si ils ne le sont pas c'est simplement car la musculation en salle s'est perdu dans des complexifications inutiles et de la désinformation liée au marketing. Si les filles progressent plus spectaculairement en crossfit c'est surtout à cause d'une défaite des salles de musculation pour les orienter vers des vrais exercices et de la vraie musculation. Bref, de ce point de vue, la réussite du crossfit en terme de résultats sur ses adeptes est surtout le fait de l'égarement des méthodes de musculation en salle.

 

Est-ce qu'il y a du dopage en crossfit ?

Impossible de répondre à cette question de manière précise. En revanche on peut imaginer que des produits circulent dans le monde du crossfit comme dans tous les sports. En fait, je pense, mais c'est un avis personnel et qui ne repose sur pas grand chose je dois l'avouer, que le débutant en crossfit aura moins tendance à se tourner vers les produits dopants, comparé à celui qui débute dans la musculation « traditionnelle ». En revanche, le transfuge de la musculation classique vers le crossfit et qui a déjà des années de pratiques derrière lui, aura plus de chance de se tourner des pratiques illégales et dangereuses. Quand on voit les physiques de certains compétiteurs, on imagine qu'il doit bien y avoir une consommation d'anabolisants, mais soyons honnêtes, elle ne doit pas être à la hauteur de celle qui existe chez les bodybuilders compétiteurs, qui sont, rappelons-le, des modèles pour beaucoup de pratiquants de musculation lambda.

 

Le crossfit est-il une secte ?

Derrière ce vocable provocateur se cache une réalité : le crossfit se veut communautaire. Rappelez-vous : « Forging elite fitness ». Le crossfit est une marque, une licence, des fringues, du matériel. On pratique dans une « box », en groupe, en communauté, et on utilise des noms barbares pour les exercices et les entraînements, tout un nouveau lexique d'initiés. Le crossfit admet mal d'être copié, d'être critiqué. Il admet aussi mal d'être relativisé. En effet le crossfit n'est pas l'inventeur des circuits-training, il n'est pas l'inventeur des kettlebells, ni des mouvements d'haltérophilie ! Bref, oui il y a un côté sectaire, mais il n'est pas seulement intrinsèque au phénomène. Je pense qu'il est aussi le fait de la nouveauté, de l'effet de mode. Avec un peu de temps, le crossfit se démocratisera et sa communication perdra un peu d'impact. C'est un effet courant de l'égo humain. On a toujours tendance à trop en faire lorsqu'on se découvre une nouvelle passion. Le crossfit a la fougue et l'orgueil de la nouveauté, son égo s'emporte, c'est normal. Il faudra sans doute quelques erreurs, quelques égarements, pour retrouver le chemin de la tempérance.

 

Qu'est-ce que le crossfit a apporté au monde du sport ?

Là dessus, le bilan est en demi-teinte. Je vais commencé par mon plus grand regret vis-à-vis du crossfit. Cette nouvelle pratique qui a réussi à devenir tendance n'a pas réussi à créer un échange positif avec le reste du monde du fitness. Ce n'est pas sans doute exclusivement la faute au crossfit, bien sûr, car le monde de la musculation classique n'a pas été capable de tirer des enseignements du phénomène crossfit. J'aurai aimé que les dogmes de la musculation en salle éclate à l'arrivée du crossfit. On aurait pu s'y attendre car tout les fondements de la science du bodybuilding y sont bouleversés. En crossfit, on transgresse toutes les règles établies depuis les années 60 et le début du monopole Weider. En crossfit on s'entraîne de manière tellement différente, tellement éloignée du dogme, et pourtant on obtient des résultats. Malheureusement cette différence de vision au niveau de l'entraînement ne s'est pas traduite en un échange constructif et une remise en question mais plutôt en une césure profonde. Il y a donc le crossfit et la musculation et c'est deux choses bien différentes. C'est dommage.

En revanche, le crossfit aura permis de démocratiser un peu plus les kettlebells, formidables outils pour le sportifs ! Le crossfit aura permis aussi d'initier beaucoup de monde à la gymnastique (anneaux) ou à l'haltérophilie. Je pense que l'univers de la préparation physique (pour sportif de haut niveau) s'est probablement nourri et instruit du phénomène crossfit. L'avenir nous dira la suite.

 

crossfit, critique, avisPour conclure, on peut vraiment regretter que le crossfit soit devenu la propriété d'une marque. Au delà du phénomène marketing et communautaire, les méthodes et les outils présents dans les "boxes" sont réellement intéressants et enthousiasmants. Il faut donc distinguer la pratique avec ses méthodes, sa science nouvelle et les techniques qu'elle nous apporte, et le phénomène business, la marque déposée. Nous espérons vraiment qu'à l'avenir, musculation classique et crossfit ne fasse qu'un et qu'on puisse trouver dans toutes les salles de sports, un coin pour les machines et un coin pour les anneaux et les barres d'haltérophilie. C'est d'ailleurs ce qui commence à se produire ! Ces deux pratiques si différentes ont énormément de choses à s'apporter l'une l'autre. J'espère vraiment que ces deux visions de l'entraînement ne resteront pas simplement complémentaires et perçues comme deux pratiques différentes. J'espère en réalité que la science tirée du crossfit permettra de bousculer les dogmes de la musculation classique et qu'elle s'y intégrera complètement. Ce que le crossfit peut apporter à la musculation c'est le sentiment de liberté, l'éloignement du dogmatisme, la minimalisation de l'entraînement. Espérons que nos souhaits se réalisent !

 

- BDC -

 

19:36 Publié dans Chroniques | Lien permanent |  Facebook |

28/11/2016

REPOST : Chronique de livre : Charles Bronson - "Solitary fitness" 2007 (MAJ Vidéo)

bronson, solitary fitness

J'ai toujours été intéressé par les voix dissidentes, originales, non-conformistes. Si, dans le monde du fitness, quelqu'un prétend connaitre une méthode originale et radicalement différente des autres, je m'empresse de m'y intéresser. Bien sûr on y trouve des charlatans, des égocentriques, mais parfois des choses intéressantes, comme des sommes d’expériences, des retours au réel, une sorte de contre-balancement nécessaire vis-à-vis des méthodes du "Dieu Science".


 

"Solitary fitness" n'est pas un livre comme les autres, tout simplement car son auteur n'est pas comme les autres. En effet, l'auteur de ce livre est "Charles Bronson", pseudonyme de Michael Gordon Peterson, le plus célèbre et violent prisonnier de Grande-Bretagne. Vous avez peut-être vu le film biographique sorti en 2009.

charles bronsonBref, Bronson est un personnage qui sait faire parler de lui, dans de nombreux domaines (poésie, art...) et notamment dans celui de la musculation puisqu'il a établi quelques performances notables, comme celle de réaliser 118 pompes en une minute (il affirme 132 à un autre passage du livre, puis 131 à un autre).

Il faut dire qu'il est plutôt gaillard, le mec, et que ça ne doit pas être si simple d'avoir un physique si solide lorsqu'on dispose de si peu de moyen. Nous verrons plus tard ce qu'il en est.

Son livre, non-traduit en français à ma connaissance, nous explique donc sa méthode de musculation en milieu confiné. Intéressant. On y trouve des explications sur le fonctionnement du corps, des descriptions de chaque exercices, des conseils pour la nourriture, des témoignages de pratiquants, et une sorte de programme pour un mois. Bref, c'est un livre assez complet. Pour en parler, je vais classer les bons points et les mauvais points. Commençons par les mauvais :

_Si vous cherchez de la science et de la précision, évidemment vous serrez déçus, mais d'un autre côté, il fallait s'en douter.

_Le programme établi sur 28 jours n'est pas très convainquant, plutôt adapté à un débutant. Peu d’intérêt.

_Beaucoup d'exercices à base de contractions isométriques (sans mouvement), vaguement intéressant, mais pas convainquant pour une éventuelle prise de masse musculaire. Bref, j'y crois pas trop.

_Il est assez costaud c'est vrai, pas sec évidemment, mais solide vu son age, mais il faut quand même savoir qu'avant d'être incarcéré, il avait commencé une carrière de boxeur à main nue et d'homme fort. Il était donc sans nul doute déjà bien balaise à la base.

_Gros bémol, une photo où l'on voit, au fond, un appareil de musculation, ce qui ne prouve rien, mais laisse un peu de suspicion.

charlesbro.jpg

Pour résumer, la partie musculation n'est pas terrible. Je vous conseillerai plutôt les bouquins de Paul Wade "Convict conditionning" (1 &2).

 

Passons à présent aux bons côtés, car à vrai dire, il y en a quand même beaucoup :

_Le livre est pédagogique, tout est expliqué, on sent qu'il a voulu écrire un "handbook".

_Surtout, comme tous les bouquins de ce genre, il est très motivant. Il nous plonge dans un univers où l'instinct de survie prend le dessus. J'ai toujours été plus motivé à m'entrainer dans un environnement un peu "à l'ancienne" plutôt que dans une salle de sport ultra-moderne, c'est l'effet "Rocky".

_En réalité ce n'est pas qu'un livre de fitness, il propose un tas d'exercices et de conseils pour vivre en forme le plus longtemps possible. On apprend pas mal de choses sur des techniques issues du yoga indien, exercices de respirations, nettoyage du colon (j'ai un blocage encore la dessus), nettoyage des conduits nasaux, des yeux... mais aussi comment avoir un souffle puissant, muscler ses dents, ses doigts, ses yeux...

_La partie sur l'alimentation est écrite par un autre type, ça reste court et simple mais correct.

_La partie du livre qui nous intéresse tous, c'est celle qui traite de l'agrandissement du pénis. Bon, je n'ai jamais utilisé ces méthodes, et je pense qu'elles peuvent être dangereuses si utilisées avec excès. Mais avouons quand même que c'est le chapitre qu'on lira avec le plus d'attention.

 

Pour conclure, je dirai que c'est une sorte de petite bible de la motivation et des petites astuces qui sortent largement du cadre de la musculation stricto-sensu. Les "tips" sont nombreux et touchent de larges domaines du bien-être : souplesse, prévention des cancers, santé de l'intestin, et des conseils pour un jeun mensuel que je trouve personnellement très intéressant et qui va sérieusement m'inspirer. C'est loin d'être un ouvrage indispensable, disons qu'il est plutôt destiné aux curieux ou aux collectionneurs. Cependant il permet de remettre à sa place les choses les plus importantes à mon sens : la motivation, l'effort, l'intensité. Peu importe le matériel, il faut se faire un peu mal et se fixer des défis, battre des records. C'est ça en tout cas l'esprit Bronson. Peu importe la validité ou la perspicacité de ses records, c'est sans doute ça qui l'a fait avancer et rester vivant (et en bonne forme vu son age, 54 ans à l'époque du livre) dans un environnement carcéral peu épanouissant.

18:00 Publié dans Chroniques, Musculation | Lien permanent |  Facebook |

05/08/2016

Coup de chapeau à la revue "60 millions de consommateurs"

60 millions de consommateurs, agroalimentaire

Un petit coup de chapeau à la revue "60 millions de consommateurs" qui nous propose en kiosque pour l'été un numéro hors-série intitulé "AGROALIMENTAIRE : Vérités et mensonges". Vous y trouverez de quoi vous dégouter (si vous ne l'êtes pas déjà complétement !) de l'alimentation industrielle.

Tout y est passé au crible sur près d'une centaine de page : aliments colorés, muris avant l'age, produits gonflés, prix tout autant gonflés, marketing abusif, etc. Nous avons même la joie d'y trouver un petit encart sur le Traité Transatlantique, ainsi qu'une sélection de livres pour continuer de s'informer.

À retrouver en kiosque pour 5.90 euros.

09:32 Publié dans Chroniques, Nutrition, Santé | Lien permanent |  Facebook |

01/06/2016

Mon avis sur la Vegan Protein de chez Weider Nutrition

Les protéines végétales commencent à se faire une place importante sur le marché des compléments alimentaires. Le phénomène "végan" y ait bien évidement pour quelque chose. À côté de ça, les protéines à base de lait, et particulièrement celles issues du lactosérum (whey protein) se taillent la part du lion et sont toujours reconnues comme celles ayant les propriétés les plus anabolisantes. Beaucoup d'athlètes, par conviction ou à cause d'intolérances alimentaires se tournent donc vers des choix alternatifs. Pour certains, les protéines de blancs d’œufs feront très bien l'affaire, mais ce ne sera pas le cas pour les végans purs et durs ! N'étant pas végétarien ni végétalien (bien que je puisse largement comprendre et respecter bon nombre de leurs motivations), j'avais envie d'inclure dans ma diet une protéine 100% végétale, sans lait, ni gluten, ni soja, ce dernier étant en effet, encore trop sujet à controverses.

vegan protein weider

J'ai donc acheté, pour tester, une protéine 100% végétale de chez Weider. Je l'ai choisi car sur le papier, les promesses étaient intéressantes : pas de lactose, pas de soja, pas de gluten, pas de sucre, pas d'aspartame, un goût « brownie chocolat », une teneur en protéine respectable et un prix très abordable (18 euros pour 750 gr sur internet, et un peu plus chère chez Décathlon).

Alors allons-y pour la critique ! Tout d'abord, il faut savoir qu'il s'agit d'une protéine annoncée à base de pois et de riz. J'avais déjà goûté de la protéine de pois non-aromatisée il y a quelques années, et c'était vraiment, mais alors vraiment pas bon ! Le mélange riz-pois est ici un argument purement marketing car en y regardant de plus près, il n'y a que 3% de protéine de riz, c'est donc pratiquement exclusivement une protéine de pois. La composition annonce aussi un mélange d'une liste interminable d'extraits concentrés de fruits et légumes (tout le primeur y passe, avec des supers aliments et quelques céréales), mais en quantité assez faible. C'est pour moi un gadget sans grande valeur pour se démarquer de la concurrence. Impossible de savoir le détail des proportions de ces nombreux composants ajoutés et quels sont les bénéfices qu'ils sont sensé nous apporter, même si ce sont tous, pris un par un, de très bons aliments. Mais bon, au delà de ces artifices, la teneur affichée est très correcte avec 23 grammes de protéines pour 30 grammes de poudre. Avec le mélange de fruits et légumes et l'arôme cacao, on se rend compte qu'il s’agirait d'une protéine assez pure. Malheureusement on ne peut pas vérifier ces affirmations, et nous ne pouvons que faire confiance aveuglément. Je rappelle que plusieurs affaires d'analyses controversées ont déjà ébranlé le monde des compléments alimentaires...

Bref, commençons la dégustation, car ça au moins, bien que subjectif, c'est du concret ! La dilution est bonne, avec de l'eau et un shaker, même parfaite, et il semblerait qu'il n'y ait pas de lécithine de soja (habituellement utilisée dans la whey pour améliorer sa dissolution). Le goût « brownie chocolat » est... assez loin d'un brownie au chocolat. On est plutôt dans un mélange de goût végétal légèrement chocolaté. C'est pas mauvais, presque bon, mais ça n'a rien à voir avec une whey. En fait j'avais tellement peur que cela ressemble aux protéines de pois première génération que ce goût m'a donné le sourire, c'est donc un bon point malgré tout, même si ça casse pas la baraque.

Autre chose concernant le goût, il n'est pas excessivement sucré, comme on le voit parfois avec les protéines qui intègrent de la sucralose. Là où j'étais vraiment content, c'est que le seul édulcorant utilisé semble être uniquement de la feuille de stévia. Voilà un fait qu'il faut noter et saluer, car j'ai souvent vu des fabricants qui affichaient « aspartam free » mais qui incorporaient à leurs produits de l’acésulfame-k, qui est à peu près autant toxique que l'aspartame !

Pour conclure, je dirai simplement que nous avons là un bon produit qui ne m'a pas déçu. Même si j'ai du mal à comprendre les artifices tel que l'ajout d'une matrice bordélique d'extraits innombrables à dose homéopathique, la composition semble tenir la route et affiche un profil plutôt sain. La teneur en protéine est correcte, mais il reste dommageable que les quantités d'acides aminés ne soient pas affichées sur la boite. J'aurais aimé comparer avec la protéine végan de Reflex qui se place tout à fait de le même créneau, peut-être une prochaine fois. En attendant, vous savez que vous pouvez trouver une protéine végétale abordable, saine et tout à fait correcte dans le magasin de sport du coin !

 

BDC

 

Retrouvez aussi ma vidéo comparatives de 3 protéines végétales de grandes marques !


 

16:50 Publié dans Chroniques, Nutrition | Lien permanent |  Facebook |

15/03/2016

Chronique - "Prescription Thugs" (Chris Bell, 2016)

prescription thugs

Les américains sont les maîtres du documentaire « choc », souvenez-vous des "Bowling for Columbine" (Michael Moore, 2002), "Supersize me" (Morgan Spurlock, 2004), ou autres "Stratégie du choc" (adaptation du livre de Naomi Klein) et "Gasland" (Josh Fox, 2010), dans un autre registre. Ces films, très populaires, souvent réussis, nous font penser qu'il y a une génération aux USA qui sature complètement de cet American Way of Life dont on a gavé leurs parents. Nous voyons cette rébellion au niveau de l'écologie, de la finance, et très concrètement avec le succès inattendu de Donald Trump dans la course à l’élection présidentielle.

Prescription Thugs fait donc partie de ces films documentaires qui dénoncent et qui tentent d'éveiller les consciences sur un problème de société typique de la modernité, ici la consommation abusive de médicaments. Il s'agit bien de parler de médicaments prescrits et légaux, dont la consommation est encouragée par la publicité, les autorités officielles et les médecins. Le titre est un jeu de mot difficilement traduisible entre Thugs (le voyou) et Drugs (drogues/médicaments). Je vous préviens, même s'il s'agit d'un documentaire, il contient quelques surprises dans son déroulement et par conséquent cette chronique contient ce que l'on peut appeler des « spoilers ».

bigger stronger faster.jpgChris Bell n'est pas un inconnu et nous avait déjà surpris avec un documentaire sur la consommation de stéroïdes anabolisants, « Bigger, stronger, faster », en 2008. Il avait pris en exemple ses frères, l'un pratiquant la force athlétique (powerlifting) et l'autre catcheur à la célèbre WWF (devenue WWE), cantonné au rôle ingrat de faire-valoir, juste bon à se faire assommer par les grandes stars qui s'affichent sur les murs des chambres des gamins occidentaux. Quelques semaines après la sortie du film, son frère Mike, le catcheur, décède à l'age de 37 ans, rallongeant la longue liste des décès prématurés chez les catcheurs de la WWF/WWE.

Le réalisateur nous apprend donc qu'il existe une Amérique toxicomane qui ne ressemble pas du tout à l'image que l'on peut s'en faire habituellement avec ses délinquants marginaux et violents qui dealeraient dans un coin d'une rue sombre. Il utilise à nouveau l'exemple de son frère décédé, qui en plus des anabolisants, faisait une large consommation d'anti-douleurs et d'anti-dépresseurs de toutes sortes. La famille Bell nous est alors présentée comme un archétype de la famille américaine moyenne.

mike bell.png

Mike Bell dans le rôle du paillasson humain.

C'est un documentaire intimiste, où le réalisateur se met en scène au milieu de sa propre famille, utilise des images d'archives, révèle face à la caméra ses interrogations, ses regrets et ses propres addictions.

Chris Bell part à la rencontre d'anciens catcheurs, de sportifs de haut niveau, de professionnels du monde pharmaceutique, de politiciens ou d'une mère de famille des plus banale. Son enquête nous montre, courageusement et avec lucidité, tous les rouages de ce système. C'est ce qui fait la qualité de ce reportage. On y sent une vraie recherche de vérité, sans retenue et sans a priori idéologique. C'est ce qui fait la différence avec d'autres films comme « Les nouveaux chiens de garde » (2012), pour prendre un exemple français et sur un autre thème, où l'auteur après une brillante démonstration exposant les relations malsaines entre le monde des médias et celui de la politique, nous sert une conclusion irréelle comme mise en garde d'un retour au fascisme. Ici, c'est le contraire, on sent bien que l'auteur veut aller au bout de son enquête. Il accuse tour à tour les laboratoires, les lobbyistes, les politiques, les publicitaires, et au final cet esprit du « tout, tout de suite et sans effort », jusqu'à remettre en question le mode de vie américain dans ce qui a fait sa gloire et son rayonnement.

Plus qu'une simple démonstration, cette enquête est aussi un moyen pour Chris Bell d'aller chasser au fond de lui ses addictions les plus honteuses. On apprend au fur et à mesure du reportage, que lui-même, après une opération de la hanche, est tombé dépendant à des médicaments légaux. C'est pour cette raison qu'il connaît si bien les effets de cette consommation abusive et addictive, mais aussi les combines pour se procurer, légalement ou pas, ces médicaments. La révélation qu'il nous fait à la fin du film, c'est que cette dépendance, dont il prétendait être guéri, était en réalité tout à fait d'actualité. En effet, il continuait à consommer ces médicaments, véritables drogues légales, tout au long du tournage, alors qu'il militait contre ce système en prétendant depuis longtemps s'être sorti de ce carcan. Ce dernier rebondissement nous fait nous remettre en question. En effet, qui ne s'est jamais menti à soi-même ? L'hypocrisie qui gangrène la société américaine cache, selon moi, un vrai déclin, à la foi matériel et moral. Certains américains commencent à ouvrir les yeux et à réaliser que leur rêve est terminé depuis longtemps. Saluons ce documentaire sans concession et espérons qu'il puisse éveiller les consciences, pas seulement sur ce problème précis des médicaments, car le reportage va beaucoup plus loin. Espérons qu'il puisse véritablement toucher les gens et les faire se regarder en face, et ne pas jouer le rôle de simple agitateur nécessaire au système, comme l'ont été (et ce n'est qu'un avis personnel), les films de Michael Moore.

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